L'oeuvre de Dieu, la part du Diable par John IRVING
Par Valérie le dimanche 17 décembre 2006, 11:00 - Roman - Lien permanent

"Le docteur Wilbur Larch est investi d'une double mission. A l'orphelinat de Saint Cloud's, il réalise "l'oeuvre de Dieu" en mettant au monde des enfants non désirés, mais assure également "la part du Diable", en pratiquant des avortements clandestins. Désireux de transmettre son savoir, il prend sous son aile un jeune orphelin qu'il va initier au métier."
Ayant tant apprécié Le monde selon Garp, je me suis littéralement jetée sur ce roman à la couverture verte ornée d'une pomme rouge. Bien m'en a pris car cet ouvrage est vraiment très prenant et extrêmement ambitieux, même si l'histoire est beaucoup moins légère.
En abordant les sujets a priori difficiles de la maternité non désirée et de l'avortement, John Irving a su faire preuve d'une grande humanité et d'une grande intelligence dans sa façon de mettre en place le débat au sein même de ses personnages. D'un côté, un docteur, confronté depuis longtemps à la souffrance des femmes qui viennent mettre au monde leur enfant dans l'orphelinat où il officie, situé à l'écart des grandes villes. Un médecin concerné par la douleur de ces enfants abandonnés qu'il doit recueillir et élever en attendant de leur trouver un vrai foyer. L'avortement étant interdit à cette époque (le début du XX°), le docteur Larch va découvrir avec horreur les pratiques inhumaines et ignobles auxquelles les femmes sont confrontées, ce qui le décidera à devenir lui-même un avorteur clandestin afin de proposer aux femmes une alternative médicale sûre.
De l'autre, un jeune orphelin qui ne trouvant pas de famille, souhaite rester à l'orphelinat pour "se montrer utile" et observant le docteur Larch, fait l'apprentissage des techniques d'accouchement et d'avortement. Pourtant très doué, il ne souhaite pas faire de ces activités d'interruption de grossesse son métier, qu'il considère comme utiles mais qui le choquent dans sa moralité, et préfère partir. C'est au bout d'un périple long et douloureux, occasion de se construire une vraie personnalité, qu'il finit par revenir, notamment pour succéder à son "père".
Conclusion : Un roman riche, drôle et émouvant, probablement un des plus aboutis de John Irving. Ma note : 16/20
Pour en savoir plus :
Paru chez Points
724 pages

Commentaires
J'ai abandonné IRVING après le monde selon Garp, ce n'est pas ma tasse de thé !