Dans sa très belle édition limitée, Points nous propose de découvrir avec le premier tome Le Grand Cahier, l'histoire de deux jeunes garçons pendant la guerre. Laissés par leur mère qui ne peut plus s'occuper d'eux à la ville, ils sont confiés à leur grand-mère qui vit à la campagne. Les deux enfants dont on ne connait pas le nom (on le découvrira dans La preuve), doivent s'adapter à leur nouvelle vie, auprès d'une vieille femme sale et odieuse qui a bien l'intention de leur mener la vie dure. Pour eux, la vie de la ferme s'avère être une découverte fantastique de la rigueur et la rupture entre leur ancien mode de vie aisé et celui auquel ils sont désormais soumis est monumentale. Mais loin d'être malheureux, ils vont très vite s'adapter à cette vie de labeur et aller encore plus loin en s'astreignant quotidiennement à des exercices tant physiques que scolaires. De plus en plus cruels, les enfants s'imposent un calvaire quotidien à travers la recherche d'un dépassement perpétuel de soi.


Leur objectif : ne plus avoir peur, ne plus avoir mal, ne plus avoir besoin que d'eux-mêmes pour survivre... Inquiétant, n'est ce pas ? Ce premier tome est donc une vraie révélation parce que l'histoire de ces deux enfants livrés à eux-mêmes est effroyablement dérangeante et le ton employé, remarquablement juste.


Les deux autres tomes La Preuve et Le Troisième Mensonge, bien que révélateurs de nombreux éléments du Grand Cahier, sont moins accrocheurs car ils relèvent d'une dérive du premier. Mais je n'en dis pas plus, car ils m'apparaissent fondamentaux également et je ne voudrais pas vous donner envie de lire le premier et pas les deux autres !


Conclusion : Une trilogie romanesque originale et cinglante. Ma note : 15/20 (la moyenne des trois)


Pour en savoir plus :

Paru aux éditions Points / novembre 2006

465 pages