Sylvie Testud est un cas. Au sens psychiatrique du terme ? Oui, bien sûr, d'ailleurs elle revendique haut et fort ses élans obsessionnels névrotiques. Elle a peur de tout et c'est de cette peur collante et avilissante qu'elle nous parle dans ce livre, puisqu'elle dirige un peu (beaucoup) sa vie ! Un exemple : Sylvie Testud a un dîner dans Paris et prend sa voiture sachant qu'elle ne se gare jamais dans les parkings souterrains (trop dangereux) et qu'elle sait bien qu'il n'y aura pas de places juste en face du restau où ses amis vont l'attendre pendant qu'elle tourne indéfiniment dans le quartier, maudissant au passage le pauvre agent qui lui conseille un parking pas très loin...


Au sens sociologique du terme également, Mlle Testud est un cas. Car son livre est construit comme une étude de cas : une situation (qu'elle soit absurde ou simplement étrange), des personnages (certains aimés d'autres haïs), ceux qui la comprennent et les autres... Le plus souvent, c'est elle-même qui met en scène ses délires paranoïaques ! Un exemple : Sylvie Testud est dans sa chambre quand elle va sentir une odeur de tartine grillée. Elle s'enferme, pousse la commode devant la porte, monte sur le toit par le vasistas (impossible pour elle de revenir par le même chemin) et s'aperçoit en allant près de la fenêtre de la cuisine, que son copain (arrivé à l'improviste) est tranquillement en train de prendre son petit déjeuner... Et la voilà coincée, devant les fenêtres des bureaux connexes !


Conclusion : Des anecdotes tordantes, tirées du vécu. Un bon moment de divertissement écrit par une vraie déjantée qui s'assume. Ma note : 15/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Fayard / Mai 2005

218 pages

A noter : son premier ouvrage Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir, un petit bijou drôle et léger.