Au départ, deux histoires parallèles, celle de Kafka, jeune garçon de 15 ans qui décide de fuguer et partir vers une ville qui lui est totalement inconnue, de l'autre, celle de Nakata, vieil homme mentalement déficient doté d'étranges pouvoirs, contraint lui aussi de quitter sa province pour mener une quête personnelle. La destinée des deux protagonistes se rejoint au fil du roman dans la ville de Takamatsu jusqu'au dénouement.


Roman imagé, Kafka sur le rivage est d'abord un récit d'aventures sur la quête de soi. Chaque personnage mène son chemin, fait des rencontres qui lui permettront d'avancer dans cette quête. En alternance avec des moments de pure poésie, le romancier nous plonge dans des passages de tortures abominables, ou d'autres très crus, voire ambarrassants quand ils touchent à la sexualité et à l'inceste. Cette ambivalence du ton, entre candeur et cruauté rend ce roman véritablement aussi cryptique sur le fond que sur la forme. C'est d'ailleurs voulu par l'auteur, lequel nous donne les éléments pour comprendre au fur et à mesure, laissant les personnages dans un flou énigmatique permanent.


Peut-on en déduire que le roman et le personnage portent bien leur nom ? L'auteur en réunissant l'univers japonais à celui de Kafka réussit-il son coup ? Oui et non. Si le roman est intéressant et novateur dans sa construction, son approche même porte les défauts de ses qualités, à savoir une intrigue absconse qui ne répond que de façon lointaine aux prémisses du roman. Mais comme c'est fondamentalement voulu par l'auteur, je ne saurais me prononcer et dire si ce roman m'a plu ou déplu ou s'il m'a plus plu qu'il ne m'a déplu... C'est tout le paradoxe.


Conclusion : un roman qui ne peut laisser indifférent, doux amer comme la gastronomie nippone.


Pour en savoir plus :

Paru chez 10/18 domaine étranger / juin 2007

638 pages