Si vous aimez les contes, les mythes, les superstitions de grand-mères et les légendes mystérieuses, si vous aimez le Japon et sa culture qui oscille entre modernité et traditions alors vous aimerez certainement ce recueil d'historiettes rassemblées par Lafcadio Hearn.


Découpées en six grandes parties, ces légendes nippones abordent des thèmes récurrents : l'amour, le mariage, Dieu et la mort. Certaines se ressemblent et usent des mêmes ficelles, d'autres plus imaginatives et plus subtiles méritent véritablement d'être connues. Ainsi cette légende qui raconte le rêve d'un homme endormi près d'un grand cèdre dans son jardin, où il voit apparaître une procession de soldats venus lui demander de les suivre. Emmené dans un palais majestueux, notre héros se voit offrir par le Roi lui-même, la main de sa fille ainsi qu'un poste de gouverneur au sein d'une île appartenant au domaine royal. Ravi, le brave homme s'installe dans sa nouvelle vie, choyant son épouse et ses richesses pendant de longues et belles années. Hélas, ce bonheur ne dure pas car l'épouse meurt, obligeant le pauvre homme à quitter l'île et reprendre sa vie d'avant. C'est là qu'il se réveille. Ses deux amis, qui discutaient près de lui pendant qu'il dormait, écoutent son récit et lui racontent comment un papillon jaune qui voletait près de son visage, a été saisi et emmené par une fourmi dans son terrier puis est ressorti du trou au moment de son réveil... La suite je ne vous la dis pas, car si les hommes acceptent facilement l'idée qu'une fourmi puisse avoir le pouvoir d'incarner un esprit, ils n'en restent pas moins des hommes, avec toute la cruauté que cela implique...


Conclusion : Quelques légendes surnaturelles bien construites, où les êtres humains face à des peurs ancestrales doivent choisir entre promesse et déloyauté, vérité et faux-semblant, courage et couardise. Et quand la mort prend le doux visage de l'amour éternel il n'est pas facile de se refuser à elle... Ma note : 14/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Motifs n° 284 / Avril 2007

394 pages