Days par James LOVEGROVE
Par Valérie le jeudi 30 août 2007, 14:31 - Science-fiction - Lien permanent

"Chez Days, le plus grand gigastore du monde, tout s'achète. Absolument tout. Mais pour le commun des mortels, il faut bien souvent se contenter des vitrines éclairées qui font le tour du bâtiment, car on ne peut rentrer chez Days qu'avec une carte de membre. Alors, certains sont prêts à tous les sacrifices, toutes les folies pour parvenir à mettre la main sur l'un des fameux sésames..." (Note éditeur)
Depuis 33 ans, Frank travaille chez Days. Depuis 33 ans, il se lève à 6h00, grignote un coin de toast et boit un café. A la même heure, le même rituel : il revêt son costume du jour, un complet aux armes du magasin, un logo en double D noir et blanc, de même que la cravate, la chemise, les chaussures et la montre Days, ainsi que la carte Days. Toujours les mêmes gestes et Frank n'en peut plus, il a décidé de démissionner aujourd'hui. Son travail ? Fantôme ou plutôt agent de la sécurité tactique, un poste où les qualités majeures consistent à passer inaperçu, à être transparent, sitôt croisé sitôt oublié, fondu dans la masse humaine. Parfait pour cet homme ordinaire et insignifiant...
De son côté, Linda ne rêve que de faire partie du monde privilégié des porteurs de cartes Days. D'économies en restrictions de toutes sortes depuis 5 années, Gordon et Linda ont enfin obtenu leur carte. Et ce n'est pas sans excitation qu'ils préparent leur journée dans ce magasin, une journée particulièrement mémorable !
Septimus Days a créé ce gigastore à l'image de sa mégalomanie. Un antre de la consommation où tout se trouve et tout s'achète. La devise de son créateur : "tout ce qui est mis en rayon sera vendu, tout ce qui est vendable sera mis en rayon" : bijoux, animaux, ceintures, lampes, livres, nourriture, etc. Au décès de Septimus, ses sept fils vont reprendre l'entreprise et tenter de la faire prospérer à leur manière tout en conservant les grandes lignes de la direction paternelle. Mais cela ne peut se faire sans heurts, car si les clients deviennent semblables à des bêtes fauves à la perspective de pouvoir faire d'incroyables bonnes affaires (sur des produits dont ils n'ont a priori aucun besoin), certains employés trop zélés peuvent à leur tour s'avérer incontrôlables...
Conclusion : Une immersion dans un monde pas si éloigné du nôtre, où personnages se croisent, ceux qui espèrent devenir des initiés et ceux qui rêvent de sortir de cet enfer consumériste. Un roman fiction futuriste rédigé au présent, un très bon moment de lecture. Ma note : 17/20.
Pour en savoir plus :
Paru chez J'ai lu SF / Mars 2007
475 pages
Commentaires
La bataille rangée entre le rayon informatique et la librarie est épique (l'ambiance délétère me rappelle un peu les tensions avec ma douce moitié, chacun voulant aller chiner dans ces deux cotés du magasin :) )Un miroir (légèrement) déformant sur la société de consommation et des castes. Une vision désabusée mais pas dénuée d'espoir.
Et tu noteras, cher ami, la présence d'une tigresse blanche... Tout est là !!