Une prophétie annonce le retour de la Magie en Angleterre. Deux personnages à la personnalité opposée vont ainsi devenir les héros de cette Angleterre en pleine guerre qui ne demande qu'à rêver. D'un côté, Mr Norrell, un homme imbu de sa personne, prétentieux et pontifiant dont l'objectif est de devenir l'unique véritable magicien du pays. Pour ce faire, il va s'approprier l'ensemble des ouvrages de magie et contraindre les magiciens théoriciens à cesser leurs études et rompre toute activité en lien avec la magie. De l'autre côté, un jeune homme ambitieux et déterminé, Jonathan Strange, bien décidé à devenir lui aussi un grand magicien. Impatient d'apprendre les rudiments et de mettre ses connaissances en pratique, Strange va devenir l'élève de Norrell. Ce dernier se montre à la fois heureux de pouvoir trouver quelqu'un pour parler de magie mais peu enclin à délivrer tout son savoir. L'apprentissage de Strange ne se fait donc pas sans difficultés. Norrell gardant précieusement pour lui les connaissances qu'il estime trop dangereuses, refuse de prêter ses livres les plus essentiels. Très vite, Strange va prendre ses distances et malgré les rétentions de son Maître, parvenir à le dépasser.


Mais ce que Strange ignore est qu'un des premiers sorts de Norrell, consistant à ressusciter une jeune femme, ouvre une boîte de Pandore en déclenchant le courroux d'un homme fée aux intentions malveillantes. Les conséquences de son geste ne préoccupent pas Norrell, ravi de devenir ainsi le centre d'intérêt du tout Londres. Strange, trop occupé à acquérir encore et toujours plus de savoir, va ainsi devenir la victime d'une série d'événements terrifiants auxquels il ne va rien comprendre jusqu'à ce qu'enfin, son incursion dans le milieu de la magie noire le mette sur la voie.


Nous voilà très loin de l'univers d'Harry Potter, plongés dans un conflit entre deux magiciens, où le culte du secret et la mesquinerie sont les maîtres mots. Bien que l'on rencontre des fées, le monde décrit par Susanna Clarke est beaucoup moins féérique que celui qui règne dans Harry Potter. Plus un roman d'aventure, Jonathan Strange et Mr Norrell est un mélange entre Dickens, Austen et Stevenson. Très pointue dans ses descriptions, l'auteur, friande de digressions en tout genre, nous emmène de son écriture vive et hachée, dans un monde aux univers parallèles. Plus exaspérants, les cliffhangers. Les personnages repartent ainsi comme si de rien n'était, sans évoquer le moins de monde leurs découvertes du chapitre précédent, brrr c'est agaçant. Annie Wilkes aussi ça l'énerverait (cf. Misery)...


Conclusion : Un roman prenant avec des pointes d'humour, très étoffé, parfois pesant au sens propre comme au figuré : plus d'un kilo ! Un best seller incontestable même si les coupes donnent une réelle impression que des chapitres manquent. Ma note : 15/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Robert Laffont / Mars 2007
Un livre mais deux couvertures - personnellement j'ai choisi la noire -, mais voici la blanche :

norrell-blanc-ok.jpg


843 pages

2 sites officiels :
www.jonathanstrange.com
www.jonathanstrange.fr