J'ai découvert l'oeuvre d'Amélie Nothomb par hasard il y a de cela 7 ans. J'occupais à l'époque mon premier vrai poste, après cinq années d'études universitaires. Comme tous les jeunes qui démarrent leur vie professionnelle après avoir usé les bancs de l'ecole, j'étais farouchement déterminée à faire mes preuves et montrer au monde de l'entreprise de quoi j'étais capable. Certes j'étais embauchée comme assistante de direction dans un grand hôtel niçois et cela n'avait pas grand chose à voir avec mes ambitions ou ma formation, mais c'était un début. Le lavage de cerveau des professeurs de DESS avait fait son chemin, j'étais l'élite de la nation, de grandes portes s'ouvraient devant moi. Ce fut en réalité un long moment de solitude où l'acharnement de mon directeur à me pourrir la vie le disputait à la joie des autres employés de me voir tailler en pièces en public. Je connus mes premières humiliations professionnelles et comprenais maintenant mieux pouquoi on parlait de plus en plus de harcèlement moral. C'était une réalité que je comprenais d'autant mieux que j'étais coincée dans un contrat temporaire sans date de fin puisque je remplaçais une personne en congé maternité. Je découvris alors le roman d'Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements et ce fut un choc, un moment de fusion totale entre cette héroïne lointaine persécutée et moi. Dire qu'elle m'a aidée à tenir le coup est un doux euphémisme. Je n'avais pas plus qu'elle l'intention de perdre la face...


Je suis restée depuis une fervente lectrice d'AN et son dernier roman m'a forcément enchantée puisqu'il revient sur la période Japonaise de ses écrits et plus particulièrement l'époque même de ce roman qui m'a tant apporté. Ni d'Eve ni d'Adam raconte comment elle revient au Japon à l'âge adulte, pays qu'elle a quitté à l'âge de 5 ans et dont les souvenirs passionnels l'ont conduite à revenir s'y installer. Elle y rencontre Rinri, un japonais qui deviendra son amant puis son fiancé. On découvre alors le croisement de deux histoires d'amour : celle entre Rinri et Amélie et celle entre Amélie et le Japon. Dans cet ordre, notez bien. Car c'est aussi une histoire jalonnée de malentendus, par les incompréhensions de langage et les différences culturelles.


Un parcours qui prend à revers toutes les romances de contes de fée tant la princesse Amélie joue de son impertinente férocité pour faire barrage à un destin bien trop conventionnel pour elle. Et heureusement pour nous, ses fidèles lecteurs !


Conclusion : Un ouvrage qui se déguste tel un bon vin, pas seulement destiné aux amoureux du genre Nothomb. Un style vif, décapant, original. Ma note : 17/20.


Ce retour aux sources
m'a enchantée et ravie
Merci Amélie !


Pour en savoir plus :

Paru chez Albin Michel / Août 2007

245 pages