Stephen KING n'est pas seulement un auteur prolifique de best sellers à l'imagination légendaire incontestable, c'est aussi un véritable conteur. Il nous le prouve ici encore en nous racontant l'histoire de Lisey, veuve depuis deux ans de Scott, célèbre écrivain, dont elle a partagé la vie pendant vingt-cinq ans. Une vie de couple très riche, essentiellement composée autour de la vie du romancier, un personnage à la personnalité duelle, à la fois hanté par son passé trouble et capable de jouer de la lumière que lui offre sa vie publique. Entre conférences, moments d'écriture intense, festivités en son honneur, l'auteur, toujours en mouvement, ne survit qu'avec la présence et le soutien de sa compagne.


L'histoire commence aujourd'hui, Lisey est veuve depuis deux ans mais le bureau de son mari est resté tel qu'il était de son vivant, intact, avec ses cartons remplis de souvenirs, de notes et de manuscrits. C'est ce trésor enfoui qui attise la convoitise des universitaires pour qui l'oeuvre du célèbre écrivain ne peut rester dans l'ombre plus longtemps. Sollicitée de toutes parts pour livrer ces précieux documents, Lisey va croiser la route d'un psychopathe commandité pour les récupérer. De cette rencontre vont rejaillir les souvenirs refoulés de Lisey, le passé noir et énigmatique de Scott, les moments tragiques qu'ils ont dû affronter ensemble, leur immuable complicité, fruit d'un amour et d'une confiance à toute épreuve. Ce flot de réminiscences, en éclairant le lecteur sur les fondements de la création artistique de Scott, permet à Lisey d'expurger le présent de ses fantômes, tel une renaissance.


On rentre ainsi dans l'histoire de ces protagonistes, une histoire entre présent et flash-backs, réalité et imaginaire, monde réel et quatrième dimension, folie et inspiration, jalonnée de dialogues qu'eux seuls, les époux, peuvent comprendre, propos situés entre le néologisme et le jargon d'initié. Un travail de lecture pas évident et j'imagine ô combien plus difficile pour la traductrice, laquelle a d'ailleurs -chose rare- ajouté une note en fin de roman pour évoquer son supplice et en profite pour remercier ses sources.


Conclusion : Un roman profond, en hommage à sa propre épouse Tabitha, un parallèle évident avec leur propre expérience vécue, la patte du génie de la fiction en plus. Ma note : 16/20.


Pour en savoir plus :

Paru aux éditions Albin Michel / Septembre 2007

566 pages