Et si c'était niais ? par Pascal FIORETTO
Par Valérie le jeudi 11 octobre 2007, 12:41 - Roman - Lien permanent

"Printemps 2007. Alors que la rentrée littéraire approche, Chritine Anxiot n'a toujours pas remis son manuscrit annuel. Son éditeur déclenche une enquête sur l'inexpliquable disparition, mais les enlèvements d'écrivains continuent. Dans les milieux feutrés de l'édition s'engage alors une impitoyable chasse à l'homme de lettres..." (Note éditeur)
Sous-titrée la rentrée littéraire assassinée, cette série de pastiches sous forme de roman ne tue pas nos auteurs mais peut faire mourir de rire. Je le dis sans complaisance ni même méchanceté à l'égard des écrivains écorchés dans leur art, car je suis plutôt partie d'un a priori négatif sur cette prose qui me semblait dénigrer notre patrimoine littéraire. Pourtant, au fil de la lecture, mes zygomatiques en ont pris un coup et j'ai changé radicalement d'opinion. Le travail de Pascal Fioretto mérite qu'on lui rende cet hommage, son recueil d'histoires "qui auraient pu être écrites par" nos auteurs préférés tenant parfaitement ses promesses, à savoir être décapant et hilarant. Jouant sur un mode caricatural des ficelles et des styles de chacun, Fioretto est au pastiche ce que La Fontaine est à la fable. Compliments.
Onze de nos auteurs francophones préférés passent ainsi à la moulinette. Leurs noms légèrement déformés mais facilement identifiables prêtent déjà à sourire, Chritine Anxiot m'apparaissant comme une des meilleures trouvailles. Les titres des chapitres s'inspirent eux aussi de l'oeuvre du pastiché en mixant le plus souvent plusieurs noms d'ouvrages célèbres. On trouve ainsi Hygiène du tube (et tout le tremblement) de Mélanie Notlong ou encore Les limbes pourpres du concile des loups de Jean-Christophe Rangé...
Bien vu le coup des noms et des titres. Et le contenu, me direz-vous ? Je vous répondrai alors : tout simplement fendart. On y retrouve chaque auteur - bien sûr en version parodiée et donc extrême - à travers leur style, leur découpage du texte, leur vocabulaire, leur parcours, leur médiatisation, leur égotisme, leurs failles. Pour celui-ci on repère le goût des acronymes en excès, pour tel autre, l'amour invétéré des voitures. Rien n'est laissé au hasard. Ainsi Jean d'Ormissemon m'a littéralement fait pleurer de rire avec ses citations extraites de chansons populaires, sa faconde irrésistible et sa faculté à noyer son interlocuteur sous une pluie d'érudition. Denis-Henry Lévi apparaît également magistral en philosophe saltimbanque paumé sur la rive droite, partagé, devant la beaufitude des habitants du cru, entre dégoût et compassion... Et même l'éditeur Chiflon en prend pour son grade !
La force de ces pastiches est de savoir appuyer là où ça fait mal. En extrapolant les procédés et les astuces de chacun des écrivains, Fioretto parvient à amener le lecteur à ressentir une impression assez proche de celle qui émane de la version originale, en accentuant le grotesque et le pathétique.
Conclusion : Un "roman" désopilant qui a le mérite de pointer du doigt les faiblesses de notre littérature francophone sans nous en dégoûter pour autant. La caricature sans concession mais sans mépris, avec un regard acéré et pointilleux. Ma note : 17/20.
Pour en savoir plus :
Paru aux éditions Chiflet & Cie / Août 2007
203 pages

Commentaires
Ca a l'air sympa. J'me l'achète ce weekend !
Ton avis me fait porter un autre regard sur ce livre que j'avais vu en librairie mais dont le 4ème de couverture ne m'avait pas intéressé.
Nous ne devons pas avoir la même conception du mot "humour". Je trouve ce bouquin nul à ch...!(excusez l'expression mais je ne trouve rien d'autre pour désigner ce navet!) J'ai tenu 64 pages puis j'ai capitulé! Impossible de continuer. J'avais pensé rire, peut-être simplement sourire, je n'ai fait que m'ennuyer. Plutôt scandalisé par le fait qu'on ose écrire ce genre de trucs en se moquant ouvertement d'auteurs qui vendent des millions de bouquins et qui plaisent donc à la populace!
Et dire que des milliers d'auteurs voient leurs manuscrits refusés à l'édition!
Vous me faites un procès d'intention pour avoir eu le malheur de lire, apprécier et faire un post sur un ouvrage qui vous a déplu et que n'avez même pas lu jusqu'au bout ? Vous parlez des lecteurs de ces auteurs pastichés comme de la "populace", sachez que j'en fais partie et que si je n'avais pas lu les auteurs en question, leur pastiche m'aurait été moins drôle. Que dire des guignols alors ? Sont-ils bons pour la guillotine ? Et Canteloup, Guillon, doit-on les lapider ? Votre indignation prête elle-même à sourire sauf la dernière phrase qui en dit long sur les motifs de votre aigreur. Je vous conseille un autre ouvrage -que je trouve personnellement amusant- qui pourrait vous être utile et vous décoincer un peu : Comment devenir un brillant écrivain alors que rien (mais rien) ne vous y prédispose écrit par Aloysius Chabossot. Un dernier mot, enfin, vous êtes ici sur un blog, il s'agit d'un lieu où j'exprime mes goûts et mes opinions. Vous avez raison d'exprimer votre désaccord mais en premier lieu ce serait bien que vous n'insultiez pas le lecteur et en second, lisez les ouvrages jusqu'au bout, même s'ils vous déplaisent, votre harangue y gagnera en crédibilité.