Mélange d’univers kafkaïen et de burlesque étrange à la Boris Vian, ce premier roman décrit la stupéfiante transformation d’Henri Noguerre, notaire ennuyeux et suffisant promis à une carrière des plus lucratives, en un fringant golden retriever… Une patte gauche élancée, une oreille duveteuse, la métamorphose déstabilise le terne notaire non pas tant du fait de l’étrangeté de son aspect hybride que par la fierté que lui confèrent ses nouveaux attributs. Car s’il s’apprécie modérément en humain, il trouve son allure de chien beaucoup plus distinguée ! Sa rencontre avec Béatrice, une jeune gynécologue fantasque et cupide va être le début d’une histoire non d’amour mais de pouvoir et de convoitise.


Henri / Médor se voit ainsi tiraillé entre aspirations canines et ambitions notariales et manie le cynisme de la situation avec délectation, sa soif de pouvoir et de réussite sociale le disputant à celle d’avoir une vie simple et la prestance d’un beau chien ! Occupant tour à tour le rôle de la bête et de l’humain, il ne sait plus se contrôler et finit par commettre l’irréparable : mordre… jusqu’au meurtre cannibale.


Conclusion : Un roman qui brille par son surréalisme mais qui manque parfois de souffle et irrite par les incessantes transformations d’humain en chien en humain en… je reconnais néanmoins le talent de conteur de Thierry Laurent et la conviction à incarner son protagoniste principal en toutou à l’allure débonnaire mais aux élans carnassiers meurtriers. Une mise en abîme vers l'absurde qui traite de la fascination qu’exerce l’idée de subordonner et soumettre mais aussi celle d’être soumis et d’y trouver son compte ! Un style certain, une aisance mais aussi parfois un thème pesant par sa redondance. Ma note : 14/20.


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Paru chez Pocket / Novembre 2007

281 pages