Mordre par Thierry LAURENT
Par Valérie le mardi 8 janvier 2008, 20:57 - Roman - Lien permanent

"Mordre. Labourer, déchirer, déchiqueter de la chair. Voilà un fantasme digne d'un chien, et certainement pas d'un élégant notaire parisien. A moins d'être, comme maître Henri Noguerre, frappé d'une étrange dégénérescence animale... Une patte d'abord, puis une oreille, et bientôt une queue : peu à peu, l'homme de loi devient bête, et il n'a d'autre choix que de s'en remettre à une amie pour masquer son hideuse transformation. Mais l'expérience tourne mal : vénale et volage, la jeune femme profite de son ascendant sur l'infortuné pour le traiter, littéralement, comme un chien. Henri ou est-ce déjà Médor ? doit se sortir de cet engrenage avant qu'il ne soit trop tard. Résister, se rebeller, se venger. Mordre ?." (Note éditeur)
Mélange d’univers kafkaïen et de burlesque étrange à la Boris Vian, ce premier roman décrit la stupéfiante transformation d’Henri Noguerre, notaire ennuyeux et suffisant promis à une carrière des plus lucratives, en un fringant golden retriever… Une patte gauche élancée, une oreille duveteuse, la métamorphose déstabilise le terne notaire non pas tant du fait de l’étrangeté de son aspect hybride que par la fierté que lui confèrent ses nouveaux attributs. Car s’il s’apprécie modérément en humain, il trouve son allure de chien beaucoup plus distinguée ! Sa rencontre avec Béatrice, une jeune gynécologue fantasque et cupide va être le début d’une histoire non d’amour mais de pouvoir et de convoitise.
Henri / Médor se voit ainsi tiraillé entre aspirations canines et ambitions
notariales et manie le cynisme de la situation avec délectation, sa soif de
pouvoir et de réussite sociale le disputant à celle d’avoir une vie simple et
la prestance d’un beau chien ! Occupant tour à tour le rôle de la bête et
de l’humain, il ne sait plus se contrôler et finit par commettre
l’irréparable : mordre… jusqu’au meurtre cannibale.
Conclusion : Un roman qui brille par son surréalisme mais qui manque
parfois de souffle et irrite par les incessantes transformations d’humain en
chien en humain en… je reconnais néanmoins le talent de conteur de Thierry
Laurent et la conviction à incarner son protagoniste principal en toutou à
l’allure débonnaire mais aux élans carnassiers meurtriers. Une mise en abîme
vers l'absurde qui traite de la fascination qu’exerce l’idée de subordonner et
soumettre mais aussi celle d’être soumis et d’y trouver son compte ! Un
style certain, une aisance mais aussi parfois un thème pesant par sa
redondance. Ma note : 14/20.
Pour en savoir plus :
Paru chez Pocket / Novembre 2007
281 pages
Commentaires
hello ! merci de ton commentaire sur LirePlus, je pensais t'avoir perdue puisque le lien que j'avais mis sur mon blog ne fonctionnait plus :-p c'est bon, je t'ai remis :)
ce livre me tentait aussi, mais finalement, ce n'est plus une propriété : sur le même thème autant lire "la métamorphose" de Kafka ou "truismes" !
bien à toi
Un thème éculé et qui revient de façon cyclique. Je te rejoins sur Truisme et sur La métamorphose, romans beaucoup plus marquants de par leurs styles. Néanmoins la transformation de l'homme en animal reste selon moi un sujet fascinant d'autant qu'adoratrice du règne animal, j'avoue des tendances prononcées à l'anthropomorphisme sur mes petits familiers...