84, Charing Cross Road par Helen HANFF
Par Valérie le vendredi 29 février 2008, 20:48 - Document / Essai - Lien permanent

"Par un beau jour d’octobre 1949, Helen Hanff s’adresse depuis New York à la librairie Marks & Co. Sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Franck Doel les livres introuvables qui assouviront sont insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s’écrivent toujours…" (Note éditeur)
Helen Hanff, écrivaine américaine et dévoreuse de livres rares, découvre un matin dans une revue la publicité d’une librairie spécialisée dans les ouvrages épuisés située à Londres. Partant de l’adage « qui ne tente rien n’a rien », Helen prend sa plume et écrit à la librairie en formulant une requête directe et sans fioritures sur une liste d’ouvrages qu’elle est prête à acquérir « en urgence » moyennant une somme raisonnable. Un certain FPD lui répond et c’est ainsi que démarre une correspondance de 20 ans entre cette New Yorkaise fantasque et les employés de cette petite librairie londonienne.
L’intérêt de cette correspondance ne réside pas seulement dans sa continuité dans le temps, mais d’une part dans la personnalité d’Helen Hanff, curieuse et cultivée, surprenante par son langage direct, abrupt, décalé, maniant avec style humour et dérision et d’autre part, son extrême générosité envers les membres de la librairie qui en cette période d’après guerre n’ont pas beaucoup de nourriture et se voient offrir des colis de jambons et d’œufs inespérés ! Des échanges de lettres et de colis qui vont bien au-delà de la relation client-commerçant, tant les circonstances si particulières trouvent un écho dans la personnalité hors du commun d’Helen Hanff. Des liens qui se tissent tout doucement et amènent les protagonistes à lier une amitié épistolaire étonnante et bouleversante.
Helen Hanff, cette héroïne moderne, elle-même surprise du succès de ses lettres disait « j’ai passé vingt ans à écrire des pièces que personne n’a jamais voulu produire et voilà qu’au moment où je suis sur le point de prendre ma retraite, quelqu’un fait soudain un spectacle à partir d’une correspondance que j’ai écrite il y a maintenant trente ans ».
Conclusion : A mon sens trop peu connues en France, ces lettres rassemblées dans ce court recueil, se lisent d’une traite et font découvrir un peu de ce qu’était le quotidien d’après-guerre de part et d’autre de l’Atlantique. Petit joyau d’émotion, inoubliable. Ma note : 18/20.
Pour en savoir plus :
Paru chez Le Livre de Poche / Décembre 2004
152 pages

Commentaires
Ouh la ! Cela fait un moment que ce livre me fait de l'oeil ! Il va bien falloir que je le cale dans ma PAL.
Salut,
Encore une super critique. Je n'ai jamais lu de livres de correspondances. Celui-ci m'intéresse pour sa dimension historique mais aussi et surtout car il concerne les livres. Je pense que je vais encore acheter un nouveau livre...
A bientôt.
@Essel : tu fais bien !
@Yokaï : c'est vrai que la Correspondance est un genre délaissé et c'est bien dommage. Merci pour ton compliment et à bientôt !