Ira Levin, ça vous dit quelque chose ? Pas vraiment. Et si je vous dis Rosemary’s baby ? Là OK. Ouvrage majeur de cet auteur, on retient surtout son adaptation cinématographique signée Roman Polanski. Néanmoins, cet écrivain new-yorkais mérite notre attention pour ses autres écrits, notamment son œuvre de science fiction Un bonheur insoutenable, parue en 1970.


Dans la lignée de l’œuvre prospective majeure d’Orwell, 1984, Ira Levin décrit un univers futuriste où les hommes connaissent une vie parfaitement organisée : que ce soit leur vie amoureuse, leur profession ou la possibilité de faire des enfants. Ils ne décident pas, c’est UniOrd, le grand ordinateur, qui décide. Traitements hormonaux réguliers, mort programmée, repas uniques, activité sexuelle du samedi soir, tout est défini, rien n’est laissé à l’appréciation de chacun, la « famille » ayant pris le pouvoir sur les individualités. Une société parfaitement unifiée où la violence, la peur et le crime ont disparu.


Membre de la Famille, Copeau ne fait pas exception à la règle. Pourtant, son grand-père, un vieil homme fantasque et usé, plante la graine du doute dans son esprit d’enfant. Un peu plus curieux que la moyenne, un peu différent aussi de par ses étranges yeux vairons, Copeau grandit en se posant des questions sur son orientation professionnelle, car il souhaite secrètement travailler dans la construction de bâtiments. Il s’étonne que personne d’autre que lui ne semble avoir ce genre de fantasmes. Quel mal y a-t-il à vouloir choisir son métier ? Devenu adulte, Copeau, orienté dans un métier totalement différent, continue de se sentir un peu à part dans ce monde en apparence parfait. Poursuivant sa quête de la singularité, il va finalement découvrir qu’il y a d’autres personnes comme lui et déclencher un formidable mouvement de révolte contre le système.


Conclusion : A la croisée des chemins entre un Eldorado apparent et un monde totalitaire régi par Big Brother, Un bonheur insoutenable rejoint le thème de l’homme dominé par l’homme, par l’intermédiaire de la machine toute puissante. Ma note : 15/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez J’ai lu / Décembre 2006

372 pages

Ira Levin est décédé le 12 novembre 2007 à New-York, à l’âge de 78 ans.