Les Autres par Alice FERNEY
Par Valérie le mardi 18 mars 2008, 12:09 - Roman - Lien permanent

"Théo fête ses vingt ans et rien ne devrait troubler ce moment de convivialité et de réjouissance. Rien sinon le jeu de société que son frère aîné lui offre, qui révélera à chaque participant la façon dont les autres le perçoivent, menaçant de remettre en cause l’idée qu’il se faisait de lui-même et des sentiments réciproques l’attachant à ses proches. Au fil de la partie, le jeu devient le révélateur de secrets de famille jusque-là soigneusement occultés par la honte, la déception ou la souffrance…" (Note Editeur)
Charmée par le résumé, la couverture et la maison d’édition Babel, que j’aime beaucoup, me voilà plongée dans ce roman psychologique hautement prometteur. Sur une idée de base intéressante mettant en scène une réunion de familles et d’amis qui se découvrent autour d’un jeu de société, Les autres m’a fait l’effet d’un cadeau magnifiquement emballé qui une fois déballé, suscite un immense sentiment de déception (arggh, de colère aussi).
Découpé en trois parties distinctes, le roman retranscrit la soirée du point de vue des pensées des protagonistes, puis des échanges des uns avec les autres et enfin des paroles rapportées. Une construction qui se veut originale mais dont l’auteur ne réussit pas à se départir de la redondance de ses idées, écueil majeur à ce type de structure.
Ainsi la première partie raconte le déroulement de la soirée telle qu’elle est vécue et ressentie par chacun, on entre dans l’esprit de chaque personnage, découvrant leurs réticences ou leur contentement à se trouver là. C’est un chapitre qui soulève des interrogations. La seconde partie, constituée de dialogues le plus souvent à l’eau de rose, m’a pas mal irritée. Chacun assène sa vérité, raconte son histoire, dévoilant parfois des secrets honteux, sans que cela n'éveille de véritable intérêt de la part des autres… Hélas, de ma part non plus, rien ne m’a donné envie de savoir quoi que ce soit sur qui que ce soit. Le jeu frôlant la caricature : les très gentils d’un côté, aimés de tous, les incompris qui se révoltent, les vilains qui se régalent de leur mauvais tour… Une galerie de portraits ennuyeuse, fade, qui mêle allégrement poncifs sentimentaux et philosophie de comptoir. La troisième partie, redite laborieuse, n’amène strictement rien à l’histoire qu’à faire regretter d’avoir dépensé 9,50 euros pour lire de telles banalités.
Conclusion : Un roman plus que décevant car l’auteur possède une aisance d’écriture incontestable. Pour ma part, un véritable gâchis de talent, d'où ma note sévère. Ma note : 10/20.
Pour en savoir plus :
Paru chez Babel / Janvier 2008
439 pages
Commentaires
Totalement d'accord! Reste une question :comment vous faites pour lire tout ça ?
Voila qui me soulage sur mes impressions concernant ce livre. Je pensais être la seule à avoir un avis négatif sur cette oeuvre. Je suis tout à fait d'accord avec votre avis. Emballée par le projet de lire ce bouquin, j'ai vite déchantée quand je me suis aperçue de quoi il retournait. On se lasse vite des chamailleries qui ne cessent de se propager tout au long des pages (j'allais même leur dire de se taire tellement ils me saoûlaient); chacun est confiné dans ses problèmes. Personne ne s'intéresse véritablement à personne. Quand j'ai commencé ce livre que je me disais que le but du jeu de société était de faire révéler des secrets mais en même temps de régler les problèmes existants. Donc de faire avancer les personnalités de chacun; que les points de vue changent... Or, il n'en est rien. C'était le premier livre que je lisais d'Alice FERNEY et je ne risquerai pas d'en tenter un autre. Vraiment très décevant !
@laminusculeexposition : c'est simple, je me ruine...
@Belledenuit : ce livre me rappelle cette douce expression de notre ex président qui illustrait son propos avec un geste étudié, PSCHITT !