La meilleure part des hommes par Tristan GARCIA
Par Valérie le mercredi 18 février 2009, 17:29 - Roman - Lien permanent

"Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d'émancipation de l'homosexualité en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. L'un et l'autre s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice et de son amant, intellectuel médiatique, qui passent plus ou moins consciemment à côté de leur époque. Nous assistons avec eux au spectacle d'une haine radicale et absolue entre deux individus, mais aussi à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d'une période décisive dans l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident. Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire, que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida, dans des quartiers où je n'ai jamais habité. C'est le récit fidèle de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et - en négatif - de la meilleure." T. G.
En premier lieu, je me dois d'ouvrir une petite parenthèse afin de remercier les Editions Gallimard et l'opération Masse Critique / Babélio qui m'ont permis de recevoir cet ouvrage gratuitement en échange d'un billet sur mon Blog ! Je suis ravie d'avoir pu participer à cette opération bien que je craigne après la publication de mon article, de figurer désormais sur une obscure liste noire des blogueuses littéraires bannies définitivement par les Maisons d'édition... pour délit de critique acerbe.
Car j'avoue : je n'ai pas aimé ce roman. Du tout.
Entre critiques dithyrambiques et lecteurs affligés, je fais partie des seconds. Bien que reconnaissant de son auteur un jeune homme cultivé, les nombreuses références philosophico-politiques en sont la preuve, je regrette la lourdeur de son écriture qui tourne à l'exercice de style. Texte aux échanges bruts, saccadés, brouillons, c'est écrit comme on parle.
Un réalisme cru porté par un ton faussement décontracté, corrélé par les événements racontés : l'homosexualité, la montée du sida, les déchirements des protagonistes, le sordide de situation. Cette histoire de bohèmes parisiens m'ennuie alors qu'elle devrait me déchirer. Le propos de l'auteur sur l'apparition du sida dans le Paris des années 80 et 90, fil conducteur du roman, peine à émouvoir et semble même prétexte à l'écriture de cette prose apprêtée. Un exemple, l'accumulation des surnoms donnés aux personnages, notamment celui de Dominique : Doum, Doumi, Doumé, Doum-Doum ou encore Dom. L'effet escompté est-il d'agacer le lecteur ? Si c'est le cas, je confirme que ça marche.
Comment peut-on mettre une telle distance entre ce sujet éminemment sensible et cette façon de le raconter ? Un parti pris orgueilleux qui à mon sens, fait sonner le glas de la crédibilité du récit.
Conclusion : Pensum rebutant, froid et sans saveur, je suis déçue voire consternée, convaincue que l'auteur s'est bien fichu de son lectorat avec son roman factice. Ma note : 5/20.
Pour en savoir plus :
Paru aux Editions Gallimard / Août 2008
306 pages
Prix de Flore 2008

Commentaires
Fort ! J'ai pas pu le finir perso, mal écrit c'est peu dire... Pourquoi 5/20 si tu trouves nul ?!
Je n'ai pas trouvé nul ce roman mais bâclé ou intentionnellement mal écrit pour faire un effet de genre. J'ai pu lire quelques passages surprenamment bien écrits, qui me font dire que l'auteur a du potentiel mais a choisi de faire un travail type atelier d'écriture "je cause donc je suis", usant et abusant de mots anglais pour faire in, pour moi c'est complètement out !