Haruki Murakami me plonge de nouveau, avec sa course au mouton sauvage dans un abîme de perplexité tant son œuvre est d'une singularité rare. Ecrivain japonais à qui l'on doit le très surprenant Kafka sur le rivage, Murakami n'a de cesse de nous immerger dans un univers mêlant poésie, fantastique et onirisme, à travers des histoires capillotractées délicieusement bizarroïdes.


La course au mouton sauvage démarre sur plusieurs scènes un peu confuses où l'on découvre le narrateur, jeune nippon à la vie bien réglée, ritualisée et monotone. Fraîchement divorcé, il rencontre la propriétaire d'une paire d'oreilles fascinantes dont il va s'éprendre. Débute alors une enquête empreinte d'une grande originalité, pour retrouver un mouton sauvage « d'un blanc pur, avec sur le dos une touffe de poils bruns décrivant la forme d'une étoile ». Véritablement personnage clé de cet imbroglio, ce mouton étoilé, unique exemplaire d'une race qui n'existe pas, s'investirait à l'intérieur de certains êtres humains, tant psychologiquement que physiquement, pour les transcender par son pouvoir unique, les abandonnant ensuite dans un état de manque-mouton indicible...


Je sais, je sais, ça n'a pas de sens... Et c'est fait exprès. Raconté dans un style très fluide mêlant réalité nue et délires hallucinatoires, ce conte étrange et absurde, qui relève du paysage imaginaire de Murakami, fascine autant qu'il déroute. Une ôde à l'insolite.


Conclusion : J'ignore si Murakami prend des substances illicites, mais il faut reconnaître en lui un génie de l'imaginaire. Ma note : 17/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Points (édition limitée) / Novembre 2007

378 pages

Un site consacré à Haruki Murakami