Premier volet de la trilogie Millénium Les hommes qui n'aimaient pas les femmes est un polar suédois d'une grande noirceur mais terriblement efficace. L'auteur Stieg Larsson n'a pas eu le temps de profiter du buzz suscité par ses romans puisqu'il est mort d'un infarctus juste après la remise des manuscrits à son éditeur. Un prémisse bien dramatique qui a certainement contribué à l'aura macabre de son oeuvre. Petit bilan sur les points forts et points faibles du premier tome de Millénium.


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Stieg Larsson situe l'histoire en Suède, son pays natal, ce qui confère au roman une atmosphère scandinave typique avec ses températures polaires, ses noms de villes à consonances germaniques - lesquelles nous prouvent que le tréma ne sert pas qu'à orthographier la fête du 25 décembre -, le dépaysement géographique est d'ailleurs pour beaucoup dans le charme du roman. L'autre qualité à souligner concerne cette capacité à entremêler les intrigues différentes tout en réussissant à captiver le lecteur de façon soutenue & sans temps morts. Enfin, le dernier point fort de ce roman réside dans la dureté et la crudité de certains passages. Des scènes qui ont fait exclamé ma pauvre vieille tante « c'est un vrai malade, ce type » en parlant de Stieg Larsson. Bien sûr, quand on choisit un thriller on s'attend à lire du crime, du sombre, du cradingue. Millenium en ce sens ne déçoit pas. Meurtre, inceste, sadisme, adultère, la recette parle d'elle-même.


Et pourtant ce premier volet repose sur quatre intrigues relativement prévisibles. Que ce soit la revanche après le procès ou le dénouement quant à la disparition d'Harriet Vanger, on comprend très vite où l'auteur veut en venir. Plus difficile à résoudre, l'intrigue autour d'une famille de meurtriers psychopathes puisqu'on tourne autour du pot pendant un moment. Le plus mystérieux dans ce roman reste finalement le personnage de Lisbeth Salander. Dépeinte comme une gothique anorexique violente, cette anti-héroïne oscille entre génie et malade mentale, de façon parfois stéréotypée. Supérieurement intelligente et dotée d'une mémoire photographique hallucinante, Salander incarne une grande moralité selon des principes auto-édictés !


L'autre point faible concerne la façon dont l'enquête sur la disparition d'Harriet est relancée près de 40 ans après les faits, un éclairage un peu simpliste à partir d'une photographie, ce qui relève de la magie pure et simple. De même, l'apparition fortuite de la fille du héros, le journaliste au grand cœur, Mikael Blomkvist, laquelle relance l'enquête par une remarque anodine... Le procédé est un peu facile. Une dernière remarque sur les fautes de traduction qui en se multipliant deviennent horripilantes. Malgré tous ces petits défauts, Millenium sait tenir en haleine, avec des personnages attachants et hauts en couleurs, et une belle dose de suspense.


Conclusion : Malgré d'évidentes faiblesses, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes remplit sa mission haut la main puisqu'il suscite l'envie de lire le tome 2. C'est l'essentiel. Ma note : 17/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Actes Sud Collection Actes Noirs / Juin 2006

575 pages

L'adaptation cinématographique de Millenium, dont la sortie française est prévue en mai 2009 sera suivie par une série télé, avec deux épisodes par volet. Canal + a déjà racheté les droits de diffusion en exclusivité.