Différent du premier volet dans sa construction et l'intrigue, Stieg Larsson nous propose un savant mélange d'enquête journalistique sur le milieu de la prostitution, les meurtres de trois personnages clés, la traque d'une innocente hypermédiatisée, le tout sur fond de complot politico-psychiatrique.


C'est ce dernier point qui m'a déboussolée. Je fais partie de ceux qui s'ennuient devant les complots politiques. Que ce soit les romans de Ludlum, Le Carré ou Clancy, les stratégies labyrinthiques sur les convictions des uns, la paranoïa des autres, les personnages impliqués dans une action hautement répréhensible mais persuadés de faire ce qu'ils ont à faire pour protéger le truc du machin... bref ce sont des choses qui personnellement m'assomment en quelques secondes. Pour en revenir à Millenium, cette petite allergie m'a fait perdre, disons 10 % de l'intérêt porté à l'histoire... Heureusement, j'ai précisé que le complot était de type politico-psychiatrique, et c'est ce dernier aspect qui a dû infléchir ma tendance à la distraction sur certains passages !


La première scène est d'ailleurs très représentative de l'importance du psychologique dans ce qui va se jouer entre les différents protagonistes. Une fille est entravée sur un lit, pieds et poings liés, un homme l'observe. Totalement asservie, dévorée par la haine, on découvre avec horreur que cette fille n'a que 13 ans. On comprendra le pourquoi de cette scène au fil du développement de l'histoire. Une histoire plus laborieuse que celle racontée dans le premier volume, mais qui a pour qualité principale de lever légèrement le voile sur le personnage mystérieux de Lisbeth Salander.


Conclusion : Malgré quelques passages à vide et une intrigue un peu plus convenue, ce polar reste très prenant, très noir, et se poursuit dans le troisième tome. Ce dernier, que je suis en train de lire, revient sur l'aspect politique et lève bien des questions posées dans le tome 2. Ma note : 15/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Actes Sud Collection Actes Noirs / Novembre 2006

653 pages