Suite logique du tome 2, le troisième et -supposé- dernier volet de Millénium reprend les ficelles qui ont fonctionné jusqu'à présent, à savoir plusieurs intrigues entremêlées comme autant d'écheveaux à dénouer en parallèle. Mikael Blomkvist repart ainsi sur les traces de Zalachenko et met au jour une organisation secrète au sein même de la Säpo (police de sureté suédoise) laquelle ignore même son existence. Au même moment, on découvre Lisbeth Salander vivante mais très amochée, bouclée dans une chambre d'hôpital. Toujours poursuivie pour des crimes qu'elle n'a pas commis, Lisbeth va prendre en main sa défense en racontant son histoire, aussi surprenante soit-elle. De son côté, Erica Berger accepte la proposition de travailler dans l'une des plus importantes publications suédoises et son départ de Millénium lui apparaît d'autant plus difficile qu'elle découvre alors la désagréable sensation d'être poursuivie et harcelée par un malade.


Haletant d'un bout à l'autre, ce troisième tome ne déçoit pas. Bien qu'un peu trop manichéen dans sa structure, d'un côté les gentils de l'autre les méchants, ce polar conserve son originalité de par sa noirceur et l'implication psychologique des personnages, notamment celui de Lisbeth dont les pages les plus noires de son enfance vont êtres mises à nues. Un des points forts incontestables de cette trilogie est la capacité de l'auteur à jongler d'une intrigue à l'autre pour maintenir le lecteur en alerte devant un suspense soutenu de façon régulière. Rien n'est laissé au hasard, chaque personnage apporte sa contribution. Un autre aspect intéressant est la façon dont les enquêteurs principaux, Blomkvist le journaliste fouineur et Lisbeth investigatrice hors des sentiers battus, travaillent de pair sans jamais se rencontrer. Leur collaboration n'en est que plus fascinante.


Aucun défaut ? Si. Quelques-uns. A mon sens le point faible majeur de cette histoire réside dans l'invraisemblance de certaines situations, la plus évidente étant celle où Lisbeth et Zalachenko -qui ont quand même essayé de s'entretuer-, sont placés dans le même couloir d'hôpital, dans des chambres quasiment connexes, sans surveillance particulière. On n'y croit pas un seul instant. D'autres petits choses m'ont agacée comme les coïncidences à répétition, la scène du restaurant notamment, où Blomkvist manque de peu se faire assassiner ; celle de la briqueterie où Lisbeth retrouve son ennemi juré comme par hasard... Bon, on voit bien que l'auteur avait ouvert beaucoup de portes et qu'il lui fallait quelques raccourcis pour en venir à bout, on comprend alors le procédé, bien que l'abus des deus ex machina me dérange un petit peu. Enfin, une question reste en suspens, qu'est devenue la soeur jumelle de Lisbeth, pourquoi est-elle évoquée à plusieurs reprises, que fait-elle, où est elle, pourquoi sont-elles brouillées ?? OK, cela fait plusieurs questions. Au final on n'apprend rien sur Camilla et se demande quel intérêt a eu l'auteur de révéler l'existence d'une soeur disparue à l'âge de 19 ans, si n'est pour en développer le rôle ? Peut-être l'a-t-il fait, dans ce fameux mais très hypothétique quatrième tome dont toute la toile susurre avec fébrilité...même si la maison d'édition Actes Sud a formellement démenti. Affaire à suivre.


Conclusion : Encore une bonne pioche. Ma note : 16/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Actes Sud / Septembre 2007

711 pages

A propos du film basé sur le premier volet de la trilogie, découvrez ici la bande annonce

Pour incarner Lisbeth au cinéma, j'imaginais bien Ellen Page version gothique, c'est Noomi Rapace qui s'y colle, voir l'article du Point