Un tel extrait couplé à une couverture ornée de ballons colorés alliant festivité et cynisme ne peut assurément qu'exciter l'envie de plonger dans ce drôle de roman. Tout démarre un jour de grande canicule, le narrateur regarde la télévision et tombe sur un programme décrivant avec moult effets dramatiques et pathos ruisselant plus qu'affligeant, la disparition d'un chien et le témoignage de ses maîtres accablés, persuadés que c'est le voisin qui a « fait le coup ». Notre héros regarde l'émission avec consternation, maugréant contre la bêtise humaine. Faisant suite aux plans fixes sur la niche du chien désespérément vide, un document présenté comme une RECONSTITUTION est alors diffusé, la caméra se déplaçant au ras du sol (une des scènes les plus désopilantes du roman), pour que le spectateur se mette à la place du chien le jour de sa disparition, son éventuel trajet l'amenant vers son bourreau désigné, le voisin à la mine patibulaire... C'en est trop pour notre héros au bord de la crise de nerf, qui entreprend alors une immuable série de meurtres vengeurs.


S'il se contente de prime abord d'attaquer chiens et chats, responsables selon lui de bien des conflits, une rapide introspection va lui révéler la nature première de ses accès meurtriers : l'éradication de la connerie humaine. D'où le titre. La concierge, insupportable cancanière qui se mêle de tout, le beauf bricoleur acharné et friand de bons mots lourdingues, le chauffard arrogant cinglé du klaxon, le préposé aux impôts, la bande de chasseurs (pas besoin de qualificatif), une série de DRH (pareil), etc. La connerie campe partout et bien des situations décrites m'ont fait sourire tant elles relèvent du vécu de tout un chacun. Bien sûr, la liste est longue et la lassitude guette. Alternant passages à l'actes compulsifs et théories philosophiques pour définir le con, notre héros finit par en devenir un lui-même.


Forcément.


Conclusion : Hymne à la rédemption anti-connerie, ce roman très second degré offre quelques délicieux passages malgré un dernier quart superflu et un dénouement télégraphié. Ma note : 14/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Livre de Poche / Février 2009

410 pages