Mort aux cons par Carl ADERHOLD
Par Valérie le samedi 4 avril 2009, 18:56 - Roman - Lien permanent

"« Contrairement à l'idée répandue, les cons ne sont pas réformables ; les campagnes de prévention ou les actions pédagogiques n'ont pas de prise sur eux. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais du moins à se tenir tranquille : la peur. Je veux qu'ils sachent que je les surveille et que le temps de l'impunité est révolu. Je compte à mon actif cent quarante meurtres de cons. Afin qu'ils ne soient pas morts pour rien, je vous enjoins de lire ce manifeste. Il explique le sens véritable de mon combat. » Qui n'a jamais rêvé de tuer son voisin le dimanche matin quand il vous réveille à coups de perceuse? Ou d'envoyer dans le décor l'automobiliste qui vous serre de trop près? Le héros de cette histoire, lui, a décidé un jour de passer à l'action."
Un tel extrait couplé à une couverture ornée de ballons colorés alliant festivité et cynisme ne peut assurément qu'exciter l'envie de plonger dans ce drôle de roman. Tout démarre un jour de grande canicule, le narrateur regarde la télévision et tombe sur un programme décrivant avec moult effets dramatiques et pathos ruisselant plus qu'affligeant, la disparition d'un chien et le témoignage de ses maîtres accablés, persuadés que c'est le voisin qui a « fait le coup ». Notre héros regarde l'émission avec consternation, maugréant contre la bêtise humaine. Faisant suite aux plans fixes sur la niche du chien désespérément vide, un document présenté comme une RECONSTITUTION est alors diffusé, la caméra se déplaçant au ras du sol (une des scènes les plus désopilantes du roman), pour que le spectateur se mette à la place du chien le jour de sa disparition, son éventuel trajet l'amenant vers son bourreau désigné, le voisin à la mine patibulaire... C'en est trop pour notre héros au bord de la crise de nerf, qui entreprend alors une immuable série de meurtres vengeurs.
S'il se contente de prime abord d'attaquer chiens et chats, responsables selon lui de bien des conflits, une rapide introspection va lui révéler la nature première de ses accès meurtriers : l'éradication de la connerie humaine. D'où le titre. La concierge, insupportable cancanière qui se mêle de tout, le beauf bricoleur acharné et friand de bons mots lourdingues, le chauffard arrogant cinglé du klaxon, le préposé aux impôts, la bande de chasseurs (pas besoin de qualificatif), une série de DRH (pareil), etc. La connerie campe partout et bien des situations décrites m'ont fait sourire tant elles relèvent du vécu de tout un chacun. Bien sûr, la liste est longue et la lassitude guette. Alternant passages à l'actes compulsifs et théories philosophiques pour définir le con, notre héros finit par en devenir un lui-même.
Forcément.
Conclusion : Hymne à la rédemption anti-connerie, ce roman très second degré offre quelques délicieux passages malgré un dernier quart superflu et un dénouement télégraphié. Ma note : 14/20.
Pour en savoir plus :
Paru chez Livre de Poche / Février 2009
410 pages

Commentaires
Je suis assez d'accord avec toi, qqs moments sympas mais un peu long et soulant au bout d'un moment