Grand spécialiste de la descente aux enfers, Douglas Kennedy revient ici sur les affres du cauchemar conjugal, thème qu'il affectionne tout particulièrement puisqu'on le retrouve dans d'autres de ses romans, notamment le cultissime Cul-de-sac. Mais si ce dernier prête à rire ou sourire devant le rocambolesque des situations, Une relation dangereuse ne fait pas rire du tout. Très réaliste (trop peut-être), le récit démarre sur la rencontre entre deux journalistes de terrain, leur coup de foudre et leur installation précipitée à Londres. D'autant que Sally tombe enceinte dans la foulée, une grossesse pénible qui la contraint à quitter son poste de correspondante au Boston Post.


Tony, prototype du baroudeur risque-tout, prend sa nouvelle vie pépère avec sagesse et philosophie, une situation qu'il gère étonnament bien pour quelqu'un qui a jusque là refusé de se poser. Pourtant son nouveau poste lui impose de nombreuses responsabilités et même si les déplacements sur le terrain ont quasiment cessé, son activité lui prend beaucoup de temps. Et si l'on y ajoute celui consacré à la rédaction du roman qu'il vient de commencer, le temps qui lui reste à passer avec sa nouvelle épouse est plus que minime. Celle-ci va donc devoir affronter seule l'avancée du chantier de leur maison et sa grossesse difficile. Mais le pire reste à venir.


Complètement dépassée par l'arrivée du bébé, ses insomnies et l'accumulation des taches à réaliser, Sally perd pied et tombe progressivement dans une sévère dépression post-partum. Le rêve d'une nouvelle vie avec son compagnon devenu pur cauchemar, Douglas Kennedy va en rajouter une petite couche dans un rebondissement ahurissant dont il a le secret. Mais sur le sujet, je ne vous en dirai pas plus, à vous de lire la suite...


Conclusion : Expert dans la description des tourments psychologiques qu'il fait subir à ses protagonistes, Kennedy prend un peu le contrepied de ses romans précédents, très ancrés dans la fiction, pour faire un récit très proche de la réalité. La situation vécue par Sally n'est pas exceptionnelle mais elle est racontée de l'intérieur, on la vit en temps réel avec elle, on découvre les zones d'ombre, les non-dits, la trahison, sans comprendre vraiment le pourquoi de tout ça... d'où un malaise persistant pendant la lecture. Ma note : 15/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Pocket / Avril 2005

532 pages

Le site de l'auteur Douglas Kennedy