Millénium - Le Film
Par Valérie le mercredi 27 mai 2009, 15:57 - Cinéma - Lien permanent

"Mikael Blomkvist est journaliste économique dans le magazine Millénium. Condamné pour diffamation, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier. Mais Henrik Vanger, grande figure de l'industrie suédoise, fait appel à lui afin d'enquêter sur un meurtre non élucidé, celui d'Harriet Vanger, nièce du grand homme et disparue à l'âge de seize ans. Au cours de ses recherches, Blomkvist se rend compte que La famille Vanger semble cacher bien des haines et des secrets. Dans le cadre de son enquête, le journaliste est amené à rencontrer Lisbeth Salander. La jeune femme de vingt-quatre ans possède un don exceptionnel, celui de découvrir des informations introuvables. Tous deux vont être amenés à se croiser dans une enquête qui va révéler beaucoup plus que ce que chacun aurait pu imaginer..." (Synopsis)

Adaptation cinématographique du cultissime premier volet de la trilogie Millénium, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Millénium est sorti le 13 mai dernier dans les salles françaises. A l'instar du roman, le film raconte plusieurs histoires en parallèle : la condamnation pour diffamation du journaliste Mikael Blomkvist, l'apparition de Lisbeth Salander en qualité d'enquêtrice hors pair, ses problèmes d'argent liés à son nouveau tuteur, également violeur sadique à ses heures, et surtout l'enquête sur la mystérieuse disparition d'Harriet Vanger 40 ans auparavant qui débouche sur la découverte d'une autre affaire, la piste d'un serial killer qui sévirait depuis des décennies.

L'imbrication façon millefeuille des quatre histoires est parfaitement retranscrite dans le film, le dosage de chaque intrigue maîtrisé. L'atmosphère glaciale typiquement scandinave du roman transparaît dans quelques scènes. Autre similitude - du point de vue des addictions - : si l'on boit beaucoup moins de café que dans le roman, on constate que Lisbeth se rattrape sur la clope, qu'elle arbore dès qu'elle n'a pas accès à son PC. Noomi Rapace, l'actrice suédoise choisie pour incarner le personnage de l'énigmatique Lisbeth reste (malgré sa grande taille) la plus convaincante du casting, un exploit puisqu'il s'agit du personnage le plus complexe du roman. Un look gothique androgyne associé à une personnalité introvertie, des capacités de hackeuse hors du commun et une violence latente qui ne demande qu'à sortir, l'interprétation toute en nuance de cette jeune comédienne est selon moi LA révélation du film. Mikael Blomkvist alias Michael Nyqvist semble un peu en dessous de mes attentes, je l'imaginais plus...charismatique ? Une impression rapidement balayée par le récit qui m'a totalement embarquée jusqu'au dénouement, alors même que je connaissais l'histoire sur le bout des doigts : 2 heures et 32 minutes de film qui sont passées comme un éclair. Plutôt bon signe, non ?

Une autre prouesse, celle du réalisateur danois Oplev, qui prend quelques raccourcis avec l'histoire originelle sans écorner le moins du monde la cohérence de l'ensemble. J'irais même plus loin concernant la scène de décryptage des prénoms féminins suivis de nombres à cinq chiffres, l'idée d'évincer l'inutile et éphémère apparition de la fille de Blomkvist est particulièrement bien vue, cela permet de confier une entrée en matière de choix pour Lisbeth Salander. Parmi les autres éléments laissés de côté par le film : la liaison sulfureuse entre Mikael et son associée Erika Berger simplement sous-entendue par les regards échangés, la liaison entre Mikael et Cécilia Vanger, balayée. La liaison, euh, si l'on peut appeler ça ainsi, entre Lisbeth et Mikael est donc mise en avant. Dans le film notre coureur de jupon se fait donc plus sage !
Exit également le prétexte du patriarche Henrik Vanger qui demande à Mikael d'enquêter sur la disparition d'Harriet sans en faire part aux autres membres du clan Vanger, son travail officiel consistant dans le roman à écrire l'histoire de la famille. Ce raccourci cinématographique permet au journaliste d'entrer directement dans le vif du sujet.

D'un point de vue visuel, la photo du film est assez terne, voire sale, parti pris qui colle bien au récit et accentue l'atmosphère délétère.
Conclusion : Malgré un dégraissage nécessaire du scénario, l'adaptation cinématographique d'excellente facture, compose avec l'essentiel de la trame du roman, offrant au spectateur un film noir très abouti. Petit bémol qui n'engage que moi : l'interdiction aux moins de 12 ans me semble très complaisante au regard des quelques scènes de viol insoutenables qui émaillent le récit.
Pour en savoir plus :
Réalisé par Niels Arden Oplev
Avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre
Film danois, suédois
Genre : Thriller
Durée : 2h 32min
Année de production : 2008
Interdit aux moins de 12 ans
Titre original : Män som hatar kvinnor
Distribué par UGC Distribution
Quelques teasers en VO ou VF sur Cinémovies
Un petit lien vers le billet consacré au livre

Commentaires
J'aurais pas dit mieux.
Hello ! Je découvre ton blong par l'intermédiaire de ton tag (rrrrrrgh!)
Pour le film, je trouve que ta critique est très représentative de ce que j'ai ressenti également.
Effectivement, j'étais un peu déçu que certains passage sur le côté volage de Mickael soient exclus, mais finalement, c'est pas plus mal.
Lisbeth est exactement comme je me l'imaginais (sauf la taille bien sûr!) C'est à mon sens très rare de voir un film après avoir lu le livre et de ne pas être déçu.
J'ai même réussi à me prendre très facilement dans l'intrigue même si je connaissais la fin.
Les 2 prochains opus, initialement prévus pour la TV suèdoise seront a priori diffusés au ciné finalement.
J'ai hate de voir la suite !