Roman choral par excellence, Les gens raconte la vie au quotidien de personnes qui pourraient être vous ou moi. C'est une lecture agréable car l'écriture est simple, fluide, intimiste. L'auteur nous présente des personnages à la fois ordinaires et pourtant d'une grande singularité. Tout est dans la subtilité. La tendresse. On sent qu'il les aime, Labro, ces gens.


Il y a d'abord Maria, une jeune femme solaire mais discrète, observatrice et d'une grande perspicacité dans son rapport avec les autres. Nimbée d'une aura mystérieuse, elle est comme les félins, dotée de plusieurs vies, et ce n'est pas sa première. Un passé douloureux l'a contrainte à fuir et désormais c'est la vigilance qui prévaut. Un peu comme un animal, un peu sauvage, elle surveille ses arrières, reste sur ses gardes et donne son amitié à quelques privilégiés seulement, ceux capables de voir au-delà des apparences.


Parmi eux on trouve Caroline, trentenaire élégante et intègre. Elle quitte son mari pour un autre homme dont on découvrira au fil du roman qu'il n'est pas celui qu'elle a cru. De ses erreurs et de son parcours sentimental et professionnel sinueux, elle se relève toujours, avec une sorte de majesté. Et puis elle va rencontrer d'autres personnes et découvrir de nouveaux horizons. Sa vie est une page blanche qu'elle noircit au fur et à mesure, sans planifier.


Marcus, enfin, le dernier des personnages principaux, est le roi de l'interview télévisé, le maître de l'antenne, celui qui fait et défait des réputations, qui pousse les invités dans leurs retranchements. Un mélange de charisme et de tyrannie avec une touche de mégalomanie. Je me suis demandée si Labro s'était inspiré de quelqu'un de connu pour réaliser le portrait de cet homme public, en parcourant le livre j'ai d'ailleurs pensé à plusieurs noms, chacun se fera son opinion sur ce point !


On suit avec intérêt le parcours de ces personnages qui se croisent et apprennent tour à tour à aimer, à faire confiance, à lâcher prise. Il manque pourtant un petit quelque chose pour qu'on se sente vraiment touché par chacun d'eux au point de se sentir triste quand vient le dénouement. J'ai beaucoup aimé le roman et j'ai préféré attendre un peu avant d'en écrire mon ressenti. Celui-ci s'est effectivement estompé très vite, je n'ai gardé que des bribes, quelques images, une impression générale positive mais floue.


Conclusion : Pas un chef d'œuvre, mais un bon roman, doux, simple, intime. Ma note : 16/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Gallimard / Janvier 2009

452 pages

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