Trop c'est trop. Ou plutôt ce n'est pas suffisant. 133 pages avec une police de caractère imposante. J'appelle ça une nouvelle, pas un roman. Ma graphomane préférée a-t-elle perdu de sa légendaire inspiration ?


J'ai donc décidé d'enquêter. J'ai pioché dans ma bibliothèque 5 des précédents romans de ma belge adorée afin de comparer ces ouvrages (tous parus chez Albin Michel) en terme de volume :

  • 2009 – Le voyage d'hiver – 133 pages
  • 2008 – Le fait du prince – 170 pages
  • 2007 – Ni d'Eve ni d'Adam – 245 pages
  • 2005 – Acide sulfurique – 193 pages
  • 2004 – Biographie de la faim – 241 pages
  • 2001 – Cosmétique de l'ennemi – 140 pages


C'est assez parlant, sauf peut-être avec 2001, force est de constater (avec tristesse) que l'auteur n'a pas accouché d'une oeuvre bien épaisse, un beau pavé bien nourrissant... je garde espoir pour 2010.


Que dire de l'histoire ? Dans une interview, Amélie Nothomb explique que le genèse de ce roman lui est venue un jour où elle était dans un aéroport russe et qu'à son passage les bips de la sécurité ayant retenti, elle avait dû subir une fouille au corps particulièrement désagréable. Agacée d'être ainsi systématiquement contrôlée, l'auteur en avait conçu un genre de fantasme sur l'idée de faire un attentat dans un avion.


D'autres éléments de sa biographie parsèment ce roman, le plus évident étant celui du personnage de la romancière handicapée mentale, affligée de la maladie de Pneux (!!!), un « autisme gentil ». Se basant sur l'une de ses expériences vécues à Paris alors qu'elle avait pour colocataire une femme à l'apparence normale, un agent EDF en visite, n'avait pas voulu croire que des deux femmes, Nothomb puisse être l'écrivain. De cette anecdote revisitée et extrapolée, Nothomb en a créé les trois protagonistes de son nouveau roman. Un agent EDF prénommé Zoïle tombe amoureux d'une femme (Astrolabe) dévouée corps et âme à une romancière attardée mais géniale (Aliénor), et devant l'impossibilité de vivre cet amour, décide de faire sauter un avion de l'intérieur. On retrouve ici la patte notombienne avec les prénoms complètement désuets, le ton décalé, l'écriture splendide, la dérision et l'extravagance de l'auteur. Hélas, ma mie belge, c'est vraiment très court et j'aurais apprécié que le sujet soit exploité à fond plutôt que survolé - si je puis dire !


Conclusion : Un petit cru pour cette année, bien qu'intriguant, amusant, courrouçant, ce roman trop court se lit en moins d'une heure, et risque d'être oublié tout aussi vite, dommage. Ma note : 14/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Albin Michel / Août 2009

133 pages

L'interview de l’auteur trouvée sur YouTube