Après la fascinante Perdido Street Station qui fut pour moi une révélation du genre Fantasy, China Miéville (dont je découvre qu'il s'agit en fait d'un auteur de sexe masculin) remet le couvert avec une oeuvre proprement dantesque, une odyssée fantasmagorique qui mêle l'univers sombre d'un Lovecraft à l'imaginaire foisonnant d'un Verne.


Miéville crée un monde d'une totale singularité où se mêlent des créatures étranges, hybrides ou anthropomorphes tels que les hommes-cactus, les vampères, les femmes moustiques suceuses de sang, les recréés. Pour ce roman, l'auteur nous emmène sur une cité flottante, aberrant composite de bateaux liés les uns aux autres, ville autonome qui se meut sur les océans et s'enrichit au fil des actes de piraterie en biens, humains et créatures de tout type, etc. A la tête de cette fascinante cité d'Armada, un couple, les Amants, arborant fièrement leur visage aux scarifications symétriques, nées de rituels amoureux complexes. Personnages mystérieux et sans concession, les Amants mènent Armada dans une quête hallucinante, la recherche du pouvoir absolu, quel qu'en soit le prix.


Malgré un imaginaire fourmillant d'idées, les Scarifiés finit par pêcher par sa surabondance de détails, parsemant le récit de longueurs soporifiques qui nuisent à la cohérence de l'ensemble. Dommage, car avec des influences Lovecraftiennes bien présentes associées au style minutieux de l'auteur, le roman aurait gagné en synthétisation.


Conclusion : Oeuvre qui fait montre d'un excès d'ambition, avec le risque de perdre le lecteur en cours de route. Ma note : 13/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Pocket / Novembre 2008

852 pages