Impatiente de lire ce nouveau thriller dont la 4ème de couverture me tentait bien et qui semblait également faire un tabac auprès de nombreux lecteurs, je me suis lancée dans cette lecture avec un a priori positif, c'était peut-être le thriller de l'année !! Que je tenais entre mes mains tremblantes ! Une émotion me submergea alors, insoutenable, l'instant était unique je devais profiter de la virginité de cet ouvrage qui allait changer ma vision du genre, était-ce LE polar ULTIME ?! Vous pensez que j'en fais un peu trop ? Hum, voilà ce que j'ai pensé après quelques pages : Glurp, il s'agit de toute évidence d'une véritable CATASTROPHE littéraire, une accumulation de clichés grotesques, un récit aussi intelligent qu'une liste de courses et aussi bien écrit que la notice de montage d'un meuble en kit.


Passé la curiosité liée à l'originalité du format, - lequel oblige à interrompre la lecture toutes les 15/20 pages pour faire un petit tour sur Internet et y découvrir une vidéo, ce que je trouve, pour ma part, assez pénible - on plonge dans un abîme de médiocrité réunissant tous les ingrédients du mauvais thriller, où à vouloir trop en faire et trop en montrer, on passe complètement à côté du genre. Construite en scénettes qui se suivent, l'intrigue ne suscite qu'un très mince intérêt, de même que les acteurs : comment être dans l'empathie pour eux quand on ne les connait pas ? La psychologie des personnages n'est quasiment pas creusée, sans relief ni épaisseur, on n'a aucun moyen de s'attacher à eux, la distanciation est trop importante.


Proche du format de la série, le scénario s'avère simpliste : le pire du pire des pires psychopathes face au top du top des agents du FBI... L'intrigue se résume en une accumulation de crimes toujours plus atroces, sans réelle investigation derrière : on tue, on viole, on torture, on filme le tout et on recommence, et puis quoi, où est l'intérêt ? A la surenchère de l'abominable on rajoute quelques pincées de malsain : adultère, mensonges, homme politique pourri, méthodes policières abjectes, etc. Que dire des incohérences manifestes comme cette scène où l'on voit le très méchant cinglé garder son masque alors qu'il est seul et nu... ou cet interrogatoire basé sur l'intimidation de jeunes garçons qui viennent pourtant quelques heures auparavant de se faire séquestrer et violer par un psychopathe, comme s'ils n'étaient pas des victimes mais des criminels ?


L'entrecoupement du récit par de petites vidéos est certes une nouveauté, mais qu'apportent ces images ? Personnellement, je n'y ai pas trouvé de valeur ajoutée à l'histoire, ça m'a même gênée au début puisque ça a pris le pas sur l'idée que j'avais des personnages, leur physique, leur posture, leur allure. Avec la vidéo, je me suis vue imposer des visages qui ne correspondaient pas à ce que j'imaginais. Le format a donc un défaut majeur puisqu'il ne laisse aucune place à l'imagination du lecteur. Pire, les vidéos ne sont là que pour entretenir un certain voyeurisme à commencer par leurs titres : snuff, viol, censure, etc. ; des images choquantes plaquées à l'histoire pour faire du sensationnalisme écoeurant.


Conclusion : Grosse déception, aucune subtilité, aucune profondeur, une intrigue basée sur de grosses ficelles, une écriture plate et insipide, des clichés en veux-tu en voilà, une fin ridicule qui appelle évidemment à lire le prochain tome... A fuir ! Ma note : 03/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Michel Lafon / Janvier 2010

374 pages

Mot de passe : calamité