Nouvelle incursion dans l'univers burlesque et hallucinant de John Irving, Une prière pour Owen n'est rien moins qu'un pur chef-d'œuvre. Impossible à résumer, ce roman est une merveille de sensibilité, d'étrangeté, de petites choses qui mises bout à bout font une grande histoire, une histoire qui laisse des traces. John, le jeune narrateur nous fait découvrir son amitié avec un drôle de petit bonhomme, aussi fluet d'apparence que sa personnalité est immense. Intelligent, lucide, philosophe, charismatique, singulier, érudit, hors norme, Owen Meany incarne la VOIX. Au sens propre comme au figuré.


Face au drame qui va toucher de plein fouet ces deux enfants durant leur onzième année (je ne veux pas trop en dire), les deux amis vont devenir inséparables. Tous deux vont poursuivre un chemin particulier : John va se mettre en quête de son père biologique tandis qu'Owen va essayer de sublimer son destin.


Maniant la dérision et le sérieux, John Irving construit son roman par contraste, son protagoniste principal a beau être petit et posséder une voix ridicule, il n'en est que plus respecté. Chacune de ses entreprises va se solder par une réussite éblouissante (études, théâtre, travail de la pierre, etc.) à moins qu'il n'en décide autrement. Etudiant engagé, Owen va dérouler ses convictions et devenir une véritable icône du militantisme contre la guerre du Vietnam. Il va pourtant mettre ses aptitudes et son éloquence au service de l'armée, bien décidé à racheter ses fautes, même si le prix à payer pour devenir un héros doit lui coûter la vie.


Conclusion : Roman magnifique, humaniste, brillant, drôle. Ne pas le lire serait une aberration. Ma note : 18/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Points / Septembre 1995

699 pages

le site officiel de John Irving