Lire du Murakami n'est pas quelque chose d'anodin, même s'il traite souvent de sujets du quotidien ou de petites choses qui nous touchent tous un jour ou l'autre. Chacune des 23 nouvelles de ce recueil nous plonge dans une atmosphère particulière, souvent réaliste, parfois onirique, toujours poétique. Chaque histoire est construite de manière à nous troubler, nous donner des frissons, nous faire sourire, ou au contraire susciter en nous le dégoût ou la tristesse. On ne peut rester indifférent, c'est la patte de Murakami, il libère des émotions.


Si je voulais comparer Murakami à d'autres écrivains, je n'y arriverai pas, car son écriture et son style sont tout à fait uniques en son genre. En disant cela je pense à Patricia Highsmith et sa maîtrise incontestable de l'art de la nouvelle, abordant des thèmes humains simples et ordinaires, et dont chaque récit laisse au lecteur un sentiment particulier après la fermeture du livre. C'est un peu pareil avec Murakami, c'est subtil, original, énigmatique, d'une grande finesse.


Alors si vous découvrez pour la première fois cet auteur, préparez-vous une tasse fumante de Genmaïcha, installez-vous confortablement et ne vous attendez à rien, n'ayez aucune idée préconçue, vous serez surpris peut-être au départ, mais persistez, car Murakami a besoin d'un petit temps d'adaptation, comme l'apprentissage du goût amer, pour développer ses arômes hallucinogènes et vous donner envie d'y revenir. Aux autres, les habitués, les accros, dont je suis, je demande simplement, n'en finira-t-il jamais de nous étonner ?


Conclusion : Entrons voir un peu par ici, à travers le regard étrange de Murakami, ce qu'il a à nous raconter. Cela pourrait bien parler de nous. Ma note : 17/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez 10/18, domaine étranger / Février 2010

501 pages