Je nourris ma petite bibliothèque de manière compulsive si bien qu'au moment de choisir un titre, je m'oriente généralement vers un style différent de celui que je viens de terminer : polar, roman, SF, manga ou autre. Je sais que s'il est dans ma PAL c'est que j'ai choisi de l'y mettre, parfois des années plus tôt, et qu'alors le résumé m'avait interpellée. En prenant le livre dans les mains, je ne relis donc quasiment jamais la quatrième de couverture. Mon objectif en faisant cela consiste à me faire surprendre par une histoire, de n'en rien savoir en amont, ou le moins possible, avant le dépucelage de l'œuvre. Ainsi est mon rituel.


En choisissant Passage du gué, j'avais encore le souvenir d'un livre du même auteur dont j'avais parlé sur ce blog, livre qui m'avait beaucoup touché. Je me suis donc demandée si la magie allait opérer de nouveau ou non. Et ce fut le cas. Un véritable coup de cœur. D'abord pour l'histoire, à laquelle je ne m'attendais pas du tout, très belle, très « féminine » aussi, dans l'acception noble du terme, car il est question de maternité et de parentalité, thème pas très souvent abordé par les auteurs masculins.


Ensuite, j'ai aimé la construction et le fil du récit, cette manière de l'amener tout en douceur. On s'attache à des personnages qui finalement sont très peu décrits, on s'attache à eux parce qu'on communie avec leur histoire. C'est très surprenant et très fort, on entre dans la paysage intime de trois protagonistes que l'on découvre selon le point de vue de chacun, tour à tour : leur rencontre, d'abord distante, puis transformée en amitié par un événement terrible. Une amitié hors du commun puisque situationnelle, presque de complaisance plutôt que d'affinité. Une amitié singulière donc, redoutablement éphémère, mais qui laissera des traces indélébiles sur la vie et le devenir du trio. La signification du titre intervient aux deux tiers du roman, on en comprend alors toute la portée, celle d'une très belle métaphore. Je n'en dirai pas plus, je souhaite vous laisser le mystère sur le contenu du roman, afin qu'il vous happe comme il m'a happée.


Conclusion : Un style fluide, précis et subtil, un récit magnifique, véritable bain d'émotion pure, mélange de réalité, de tragédie et d'espoir. Bouleversant. Ma note : 18/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Pocket / Septembre 2008

307 pages