Jeune prof agrégé de Lettres un peu bohème, Aurélien Cochet doit s'occuper de faire le tri parmi l'immense collection de films de son grand-père qui vient de mourir. Il trouve à cette occasion un film ancien et une note collée dessus avec le nom d'une femme et un numéro de téléphone. Intrigué, Aurélien visionne le film et découvre avec stupeur son grand-père alors âgé d'une trentaine d'années, dans le décor d'une maison bourgeoise, où s'affairent des infirmières au côté de jeunes femmes enceintes. Au plafond est accrochée une banderole avec les inscriptions Bienvenue Willkommen. Près de son grand-père, un homme en uniforme de SS arborant le sigle nazi sur la manche gauche. C'est cette dernière image qui trouble le jeune homme : quel était le lien entre son grand-père et les nazis ? Aurait-il un honteux passé de collabo ?


Une question qui le conduit à mener son enquête sur l'histoire de sa famille, et aller de découvertes en découvertes. En parallèle, une vieille femme est retrouvée morte dans des circonstances suspectes. La police soupçonne un temps une bande de cambrioleurs, mais s'oriente rapidement vers la thèse du meurtre. Les deux enquêtes vont bientôt se rejoindre, celle d'Aurélien sur les activités de médecin de son grand-père pendant la seconde guerre mondiale et celle de la police concernant la mort de cette vieille femme, mettant au jour des événements peu connus de cette période, ce que certains ne veulent surtout pas.


Le grand point fort de ce polar est sa construction très bien maîtrisée, avec en point d'orgue un dénouement savamment orchestré par son jeune auteur pour qu'on ne puisse le découvrir facilement. L'histoire de cette famille avec ses non-dits et ses manipulations joue beaucoup dans le mystère de cette intrigue sur fond de période nazie. S'appuyant sur des événements ayant réellement existé, l'ouverture de lebensborn : ces lieux de naissance - voire même de rencontres entre jeunes femmes blondes et « pures » avec des SS - légitimant la procréation et le développement de la race aryenne, Valentin Musso invente pour son récit un lebensborn de fiction situé en France d'où il pose le début de son intrigue puis la déroule jusqu'à nos jours.


Conclusion : Un récit glaçant, bien ficelé, au dénouement inattendu. Ma note : 17/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Les nouveaux auteurs / Mai 2011

360 pages