Ouf ! Après 700 pages et la lecture du dénouement, je me dis Tout ça pour ça ? Pourtant les premières pages sont prometteuses, le meurtre d'une femme, quatrième d'une série, toujours le même scénario, la femme est retrouvée dans une position singulière, battue à mort, un ruban de couleur autour du cou. Toutes ces femmes ont un point commun, leur identité est fausse, on ne retrouve aucune trace d'elles dans les registres officiels ou administratifs. Qui sont-elles ? Pourquoi sont-elles la cible d'un tueur en série ? Des postulats malheureusement mis à mal au fil du récit.


Les flics sur l'enquête, Miller et Roth, apparaissent épuisés dès le départ, amorphes, dénués d'initiatives, ils réclament des hommes en renfort sans qu'on en voit bien la nécessité. A ce sentiment d'assister à une enquête sans entrain avec des pistes jamais poursuivies, se rajoutent les éléments de l'intrigue politique entre les Etats Unis et l'Amérique centrale, lesquels s'étirent indéfiniment et amplifient cette atmosphère de confusion. La série de meurtres demeure inexplicable tant les indices sont dilués dans la mélasse du système. Les émotions des protagonistes sont surjouées, avec des dialogues qui frisent parfois le ridicule.


Je n'ai trouvé aucun plaisir à cette lecture, n'y ai vu aucune originalité, les personnages sont tout sauf attachants car ils sonnent faux, leurs échanges sont vides de sens, le protagoniste principal est antipathique de par sa façon de tergiverser, de se lamenter sans arrêt sur lui-même ou d'être perpétuellement sidéré (Miller n'arrête pas de répéter en boucle "c'est incroyable", "je n'arrive pas y croire", "quel cauchemar", etc.). Les autres personnages sont à peine dépeints et quand ils le sont, frisent la caricature (Natasha Joyce la jeune mère noire agressive ; Harriet et Zalman les propriétaires juifs, envahissants et bavards).


Basé sur une intrigue de conspiration politique foisonnante de détails (trop), ce polar s'essouffle très vite malgré une alternance entre l'enquête policière de Miller et le récit de John Robey, homme mystérieux décrit comme charismatique et initiateur des événements. Le complot politicien lié à un trafic de drogues de grande envergure et l'assassinat programmé de personnalités susceptibles de le dénoncer ou de devenir des obstacles, n'est pas un concept neuf. Dans ce polar, il est exploité jusqu'à la corde et n'est pas parvenu à susciter chez moi la moindre émotion.


Conclusion : Malgré un récit documenté, Les anonymes reste un polar au style pesant et insipide, avec une intrigue resucée, des personnages sans intérêt, des dialogues faux. On s'ennuie ferme. Ma note 6/20


Pour en savoir plus :

Paru chez Sonatine / Juin 2010

689 pages