Beaucoup de choses à dire sur ce polar avec un ressenti global plutôt positif. Certes, bâtir tout un roman sur la notion de fugues psychiques me paraît un peu hasardeux du fait de son invraisemblance, mais il s’agit là d’une fiction, et l’auteur cautionne les pertes et reconstructions d’identité successives avec la présence d’un mystérieux implant placé haut dans la cavité nasale du sujet. Ce qui m’a le plus surpris, c’est la facilité du personnage de Mathias Freire à remonter ses identités précédentes, s’y replonger, enquêter sur ses fugues psychiques sans en être affecté outre mesure et parallèlement mener son enquête sur la série de meurtres mythologiques au nez et à la barbe de la police.


Mieux, l’homme réussit toujours à se sortir des pires situations, comme les menottes qu’il parvient aisément à se retirer car il a une clé dans sa poche... Les tueurs aguerris qui le poursuivent, semblent tantôt vouloir le faire taire, tantôt vouloir l’éliminer, mais ils ne parviennent à rien… Pas très cohérent donc si l’on observe à la loupe ce thriller. Et que dire de la présence de sable sur la plage de la promenade des Anglais à Nice ?! Hmmm, ce sont des galets…


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Malgré de nombreuses invraisemblances, le Passager soutient un rythme d’enfer et son personnage paumé aux multiples visages suscite un intérêt grandissant au fil de son évolution : psychiatre renommé, peintre côté, clochard alcoolique, enquêteur hors pair, Mathias Freire est doué. Son périple de ville en ville m’a également bien plu : on quitte les fripes d’une identité à Bordeaux pour entrer dans une nouvelle peau à Paris. Le cheminement inverse des fugues psychiques a donc quelque chose de fascinant même s’il reste, je le concède volontiers, une fantaisie littéraire issue de l’imagination de Monsieur Grangé.


Conclusion : Un polar efficace, une intrigue complexe avec moult retournements de situations, des personnages secondaires bien léchés. A lire, ne serait-ce que pour découvrir l’immersion terrible dans le quart monde des clochards marseillais. Ma note : 16/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Albin Michel / Septembre 2011

749 pages