Sujet d’actualité lors des épreuves du Bac 2011, la tricherie des étudiants pour obtenir un diplôme ne date pourtant pas d’hier. C’est le constat de Marie-Estelle Pech, qui nous raconte comment les méthodes ont évolué en quelques siècles. En effet, s’il était possible d’acheter son diplôme au XVIème siècle, la fraude n’était de fait que réservée à une certaine élite ayant les moyens financiers. Fin XVIIIème, Beaumarchais milite en faveur de la reconnaissance du droit d’auteur, loi qui mettra fin aux pratiques répandues de plagiat, fléau de l’époque. Au XIXème, on voit se développer d’autres méthodes de fraude avec la création des boîtes à Bac, proposant de rémunérer des « passeurs », pour qu’ils participent aux épreuves à la place de candidats nantis. Avec l’arrivée des papiers identité, ce type de fraude disparaît, mais à chaque époque naissent de nouvelles méthodes de tricherie.


Le constat de ce phénomène démontre ainsi qu’il s’adapte avec son temps et existe dans toutes les cultures, sur tous les continents. Evoluant en parallèle et au même rythme que les moyens techniques dont il use, le grugeur estime qu’un diplôme n’est plus la consécration d’un acquis de connaissances mais plus un passage obligé, un peu comme un bizutage vers le monde adulte. On ne s’étonne d’ailleurs pas d’apprendre dans cet ouvrage que si le phénomène touche tous les pays, ceux où « la tricherie est la plus répandue sont les pays les plus corrompus par ailleurs ». Une corrélation qui pose clairement la question du devenir de ces fraudeurs : vont-ils falsifier leur CV, gruger leur déclaration d’impôts, faire de fausses déclarations à leurs assurances ? Pour les plus assidus d’entre eux, ceux qui trichent à chaque examen, « la fin justifie les moyens » serait plus qu’un simple dicton mais deviendrait un art de vivre.


Pour contrer ces agissements, les solutions doivent avant tout jouer la carte de l’adaptation et de la réactivité : logiciels anti-plagiat, systèmes de brouillage dans les salles d’examens, multiplication des surveillants, etc. Car les méthodes ont bien évolué : les antisèches dans la trousse bien qu’ayant toujours la côte, pourraient bien devenir obsolètes avec l’arrivée des smartphones. Et si les sanctions disciplinaires sont de plus en plus lourdes, cela n’empêche pas le taux de fraude d’augmenter régulièrement chaque année. Un véritable casse-tête pour les écoles et universités qui doivent trouver de nouvelles parades chaque année.


Conclusion : Texte structuré et bien documenté, exemples et témoignages à l’appui, révélateur de l’ampleur d’un phénomène social qui évolue avec son époque. Cette École de la triche reste avant tout un constat, celui du « symptôme d’une société en faillite morale ». Parallèlement, c’est aussi une mine de pistes à explorer pour tous les tricheurs en manque d’inspiration ! Ma note : 15/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez L’éditeur / octobre 2011

247 pages