Après la mort tragique de son fiancé, terrassé par une tumeur foudroyante, Anna réapprend à vivre. Mais le sort s’acharne, cette fois sur son fils, bébé adorable mais très silencieux et étrangement peu mobile, pris de vomissements terribles autant qu’inexplicables. Les médecins identifient un retard de développement chez Noé dont on annonce trois causes possibles : ce peut être métabolique, génétique ou neurologique. Le diagnostic tombe : c’est le syndrome de West, une forme rare d’épilepsie du nourrisson difficile à traiter.


Dès lors, commence pour Anna un véritable parcours du combattant pour trouver le bon médecin et le traitement le mieux adapté dans ce qui devient une vie d’abnégation. Cette héroïne des temps modernes est centrée uniquement sur les besoins de Noé : ses examens médicaux, sa rééducation, son apprentissage. Rien n’est épargné à cette mère bousillée de l’intérieur : ni les médecins incompétents, ni le manque cruel d’empathie des professionnels aguerris, ni les traitements de cheval donnés à cet enfant, ni le regard compatissant des autres mères. Dans cet enfer, quelques moments d’espoir ténus balisent l’itinéraire de cette femme au courage exemplaire.


De son écriture drôle et incisive, Sandra Kollender raconte le périple d’Anna, son double de roman, avec beaucoup d’humour noir et une énergie farouche. La détermination dont elle fait preuve devant les montagnes d’obstacles qu’elle rencontre est stupéfiante. L’étendue des carences dans la prise en charge médicale et sociale est elle aussi colossale, contraignant Anna à courir le monde pour permettre à son fils de recevoir des soins appropriés à sa maladie. Les écoles et les administrations ne sont pas non plus en reste pour rivaliser d’insuffisance et de médiocrité. Mais Anna est une battante et elle déploie toute l’énergie combattive qui est en elle pour offrir un avenir à son enfant adoré.


Conclusion : Un court et passionnant récit autobiographique dont la spontanéité et la drôlerie émeuvent et renforcent l’intensité du propos sans jamais tomber dans la sensiblerie. Une belle réussite pour ce premier roman. Ma note : 16/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Steinkis – Collection Sans filtre / Février 2012

156 pages

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Ouvrage reçu en partenariat avec les Editions Steinkis, j’en profite pour les remercier ainsi que leurs contacts presse Antoine Bertrand et Guillaumine Lickel ‘-)