Désarçonnée au départ (et un peu inquiète) par ce titre qui aurait pu être celui d’une romancière américaine à suspense pour une enquête romantico-rocambolesque (lors d’un de ses fameux romans de Noël !), quelle ne fut pas ma surprise en lisant les premiers chapitres, tout en sobriété ! Un style dépouillé agréable, qui sert à poser l’intrigue : la rencontre d’une jeune femme brillante, Marie, dont les compétences la conduisent au Japon afin de mener une mission d’expertise liée au retraitement de déchets nucléaires, avec un jeune japonais, Kenji. Très vite, le courant (sans jeu de mots) passe entre les deux, et Kenji pense tout de suite à elle pour l’aider dans son projet secret. Il la met donc en relation avec Samir, son ami Iraquien, et bien vite, le trio s’embarque dans une croisière aux desseins bien particuliers.


D’emblée, l’histoire pose ses jalons entre revendications politiques, religieuses et écologiques. L’auteur choisit de faire voyager ses personnages de par leurs origines et convictions personnelles mais aussi au travers de leur parcours qui nous emmène de ville en ville, Paris, Tokyo, Valparaiso, ce qui prodigue à l’histoire un souffle continuel et permet de compenser la linéarité du récit. Hélas, le roman reste un peu court et ne permet pas à l’intrigue de prendre l’ampleur nécessaire pour traiter les sujets abordés en profondeur.


J’aurais aimé que les personnages soient un peu plus travaillés, plus fouillés, moins lisses. Par exemple, que les compétences de l’héroïne soient plus visibles et pas seulement évoquées. Que le rôle et les motivations du cheikh Mansour soient moins cryptiques. Que l’histoire d’amour naissante soit plus convaincante. L’enjeu de la croisière elle-même, pourtant au cœur du sujet, est assez flou et le dénouement ne permet pas de répondre à toutes les questions posées. L’ensemble manque un peu de corps pour constituer un premier roman remarquable mais il se laisse lire facilement grâce au talent de l’auteur qui a su créer une atmosphère intéressante, son style aérien et ses dialogues bien écrits.


Conclusion : Si l’intrigue de ce roman m’est apparue un peu fade, manquant de consistance, les qualités d’écriture et la frugalité du style d’Alain Keralenn sont indéniables. Un auteur prometteur à suivre. Ma note : 13/20.


Pour en savoir plus :

France-Empire / Février 2012

162 pages

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Je remercie Alain Keralenn pour m’avoir fait découvrir son premier roman et laissé toute liberté dans la rédaction de ma critique. Bonne chance pour la suite !