Cela faisait pas mal de temps que je n’avais pas passé un aussi bon moment avec un polar juridique, c’est chose faite. Il faut reconnaître que John Grisham en est le maître incontesté depuis 20 ans et qu’il a écrit quelques romans assez épatants pour peu qu’on s’intéresse un minimum au jargon judiciaire et aux prétoires, je pense notamment à La firme, l’Idéaliste, L’affaire pélican ou encore Le client, tous adaptés au cinéma. Pas étonnant d’ailleurs car ses livres sont très visuels, avec une trame facilement transposable en scénario et des personnages toujours assez complexes.


Le roman Les Partenaires n’échappe pas à cette règle, avec peut-être une touche d’humour en plus. L’histoire commence lorsque David Zinc, un brillant avocat d’affaires hyper pointu, issu d’Harvard, et bossant pour l’une des plus grosses et des plus prestigieuses boîtes de Chicago, craque de manière assez brutale dans l’ascenseur qui le conduit à son étage. Asphyxié par son quotidien trop pesant, il pète les plombs et fuit l’entreprise pour se réfugier, alors qu’il boit si peu d’habitude, dans un bar. Après une journée de beuverie intense, le voilà qui se retrouve dans un cabinet à l’opposé de son ancien employeur : l’antre un peu glauque de deux avocaillons sans envergure ni moyens. Il décide alors d’en faire son nouveau lieu de travail et propose aux deux associés incompétents ses services à un tarif ridicule. Tout plutôt que retourner bosser à son ancien poste ! Très vite, il va découvrir l’ampleur du désastre : entre les affaires minables, les publicités au rabais et la course aux ambulances pour rabattre le client accidenté, le constat est sans appel. Pourtant, petit à petit, confronté à sa première affaire de recours collectif, il va se prendre au jeu et se découvrir une véritable passion pour le prétoire à travers un premier procès impossible à gagner !


Certes, l’histoire met un peu de temps à se mettre en place et le déroulement du premier procès ne manque pas de rebondissements un peu excessifs. Cependant, l’enjeu important de ce roman ne réside pas forcément sur le déroulement et l’issue de ce procès, mais plutôt dans la renaissance d’un jeune et brillant avocat plein d’espoir et super motivé à se défaire de sa carrière antérieure, lucrative mais destructrice. Son combat pour se réaliser professionnellement tout en retrouvant une vraie vie de famille avec des horaires confortables, s’épanouir dans son job plutôt que le subir est un angle très réjouissant abordé par Grisham.


Conclusion : Un bon polar, divertissant, drôle, réaliste. Ma note : 15/20.


Pour en savoir plus :

Paru chez Robert Laffont / Avril 2012

429 pages

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